Camille Claudel : 3 choses à savoir sur la sculptrice axonaise

Née le 8 décembre 1864 à Fère-En-Tardenois, dans le sud de l’Aisne, Camille Claudel est l’une des plus grandes artistes du XIXe siècle. Retrouvez tout de suite les 3 choses à savoir sur la vie et l’œuvre de cette femme talentueuse et passionnée !

1/ Camille Claudel était une sculptrice exceptionnelle

Très tôt, la jeune Camille Claudel a montré des dispositions pour la sculpture. Elle trouve son inspiration dans les visages familiers, mais aussi dans la forêt proche de sa maison d’enfance, à Villeneuve-sur-Fère. Elle allait notamment jouer avec son frère, Paul, près des coulées de roches sculptées à La Hottée du Diable.

La Hottée du Diable, dans l'Aisne
La Hottée du Diable © Axone

Encouragée par Alfred Boucher, lui-même sculpteur, elle se destine à devenir artiste. Son père la soutient et fait déménager toute la famille à Paris en 1881. La jeune femme s’inscrit alors dans une école d’art.

Ses œuvres font la part belle à l’expression des corps. Camille Claudel a laissé plusieurs bustes, comme La Petite Châtelaine ou Paul Claudel à 37 ans. Elle a également travaillé des ensembles plus imposants : Sakountala, L’Âge mûr… Au fur et à mesure des années, les formes qu’elles travaillent gagnent en sensualité. Le style Art Nouveau et les peintres d’Extrême-Orient l’influenceront également, comme en témoignent La Valse ou La Vague.

Buste d'Auguste Rodin par Camille Claudel
Buste d'Auguste Rodin par Camille Claudel CC BY-SA 3.0 ©Wikimedia Commons

2/ Elle a longtemps été la maîtresse d’Auguste Rodin

Quand Camille Claudel rencontre Auguste Rodin, elle a tout juste 19 ans. Lui, artiste déjà renommé, en a 44. Camille devient la muse, la collaboratrice et la maîtresse de Rodin. Elle a d’ailleurs travaillé avec lui sur La Porte de l’Enfer et Les Bourgeois de Calais. Cependant, elle peine à sortir de l’ombre de son amant, à faire reconnaître son propre talent.

Leur relation sera aussi passionnée que tourmentée. Jalouse, Camille lui fait promettre par écrit de l’épouser au retour d’un voyage en Italie ou au Chili – ce qui n’arriva jamais. Leur séparation, en 1894, laissera la jeune femme dévastée.

Camille Claudel a aussi noué de fortes amitiés avec d’autres artistes de son époque. Elle a ainsi offert sa Valse au compositeur Claude Debussy, qui la conserva dans son cabinet jusqu’à la fin de sa vie.

La Valse, sculpture de Camille Claudel
La Valse, sculpture de Camille Claudel CC BY-SA 4.0 ©Wikimedia Commons

3/ Elle a été internée de force jusqu’à la fin de sa vie

En 1911, à la demande de sa propre famille, Camille est placée en internement. Depuis des années, ses crises obsessionnelles et sa conduite, jugée scandaleuse, ont éloigné d’elle tous ses amis. Elle vit recluse dans son atelier, à Paris. Dans des accès de rage, elle détruit ses travaux.

Elle est conduite à l’asile de Montdevergues, dans le Vaucluse, en 1914. Elle y mourra en 1943, dans le plus grand dénuement. Son corps sera inhumé dans la fosse commune. En 2008, son arrière-petite-nièce a fait ériger un monument à sa mémoire dans le cimetière du village.

Entre temps, le grand public a redécouvert cette artiste majeure. Le livre d’Anne Delbée, Une femme, Camille Claudel (1983) puis le film Camille Claudel (1988), avec Isabelle Adjani, y ont largement participé. Plus récemment, Camille a été interprétée par Izïa Higelin dans le film Rodin, avec Vincent Lindon.

Maison Camille et Paul Claudel, Villeneuve-sur-Fère, Aisne
Maison Camille et Paul Claudel, à Villeneuve-sur-Fère CC BY-SA 3.0 ©Wikimedia Commons

Camille Claudel est une figure incontournable de l’Aisne. Pour aller plus loin, retrouvez le portrait complet que nous lui avons consacré dans le numéro 7 d’Axone !