3 choses à savoir sur Gracchus Babeuf, le plus picard des Révolutionnaires

“Plus de propriété individuelle, la Terre n’est à personne, les fruits sont à tout le monde.” Cette citation vous dit quelque chose ? Son auteur, Gracchus Babeuf, est né dans l’Aisne. Au XVIIIe siècle, ce révolutionnaire élabore sa propre doctrine politique, qui inspirera plus tard le Communisme. Retrouvez le portrait d’un homme passionné et engagé !

Gravure représentant Gracchus Babeuf

Gracchus Babeuf est originaire de Saint-Quentin

Né en 1723, François-Noël Babeuf entre comme apprenti chez un notaire à l’âge de 17 ans. Il se spécialise en droit féodal et ouvre son propre cabinet à Roye, dans la Somme, en 1781. Devenu commissaire à terrier, il gère les registres contenant les lois et les usages relatifs à une seigneurie.

Issu d’un milieu modeste, il réalise très tôt la dureté des conditions de vie de la majeure partie de la population. Son travail l’amène également à s’interroger sur le droit des terres et les possibilités de collectivisation. Selon lui : « La propriété est odieuse dans son principe et meurtrière dans ses effets. »

Ses réflexions aboutissent à la publication du Cadastre perpétuel, en 1789. Peu de temps après, Babeuf assiste à la prise de la Bastille, tout comme un autre révolutionnaire axonais, Camille Desmoulins. C’est le début d’une nouvelle vie !

Il a participé à la Révolution française

Enthousiasmé par le soulèvement populaire, Babeuf rentre à Roye et participe à la rédaction des cahiers de doléances. Il devient alors journaliste et s’engage aux côtés des plus démunis. En 1790, il lance une pétition dans toute la Picardie contre les impôts indirects et organise de nombreuses réunions. Il fonde également son propre journal, Le Correspondant picard. Deux ans plus tard, il devient l’administrateur du district de Montdidier.

Cependant, sa popularité grandissante lui vaut des ennemis. En 1793, le Saint-Quentinois doit quitter Paris à cause d’une affaire de corruption. Il est condamné par contumace à 20 ans de fers. Rattrapé, il est emprisonné à Paris, puis à Laon. Il est finalement libéré en juillet 1794.

La politique du Directoire se durcit et, en protestation, Babeuf prend part à la Conjuration des Égaux. Arrêté, il est envoyé à Vendôme, où il est condamné à mort le 26 mai 1797. Il tente alors vainement de se poignarder avec un stylet. Guillotiné le lendemain, il est jeté à la fosse commune.

Portrait de Gracchus Babeuf
Portrait de Gracchus Babeuf

Il a conceptualisé le Babouvisme

Inspiré par Jean-Jacques Rousseau, Gracchus Babeuf a élaboré sa propre doctrine politique : le Babouvisme. L’égalitarisme, la mise en commun des biens et le droit à l’éducation en sont les piliers centraux. Toutes ses idées sont condensées dans Le Manifeste des Égaux, rédigé par son ami, Sylvain Maréchal. Si elles ne trouvent pas d’écho à la fin du XVIIIe siècle, elles inspireront les révolutionnaires dans les années 1830.

Au XXe siècle, les théories de Babeuf intéressent de près plusieurs intellectuels. Karl Marx et Friedrich Engels y voient l’annonce du communisme. Quant à Rosa Luxemburg, une militante socialiste polonaise, elle fait de l’Axonais le précurseur des soulèvements prolétaires.

Aujourd’hui, une place porte le nom de Gracchus Babeuf à Saint-Quentin. Saviez-vous qu’il avait choisi ce pseudonyme en référence à deux frères, réformateurs du système social romain ? Retrouvez le portrait complet que nous lui avons consacré dans le numéro 4 d’Axone !