Les 5 vies de Jean de La Fontaine

Vous connaissez forcément son nom : Jean de La Fontaine est l’un des plus célèbres écrivains français du XVIIe siècle. Natif de Château-Thierry, il a marqué pour toujours la littérature avec ses Fables. Toutefois, saviez-vous qu’il était maître particulier des Eaux et Forêts ? Ou qu’il doit ses premiers succès littéraires à des textes érotiques ? Direction le sud de l’Aisne, pour découvrir les 5 visages du plus célèbre des Axonais !

1/ Avocat à la cour

Jean de La Fontaine naît le 7, ou le 8 juillet 1621, rue des Cordeliers, à Château-Thierry. Issu d’une famille bourgeoise, il est d’abord destiné à une carrière religieuse. Toutefois, il change d’avis au bout de 18 mois à l’Oratoire de Paris. Revenu à Château-Thierry, il repart pour la capitale en 1645 afin d’étudier le droit. En 1649, un acte notarié indique son nom en qualité d’ « avocat à la Cour du Parlement ». Pour le jeune homme, c’est surtout une époque de plaisirs. Avec ses amis, Furetière et Maucroix, il fréquente les cabarets et les salons littéraires… et compose ses premiers vers !

Jardin et façade du musée Jean de La Fontaine, à Château-Thierry
Maison natale de Jean de La Fontaine, à Château-Thierry / CC BY-SA 4.0 Wikimedia Commons © Eponimm

2/ Conteur libertin

Coquin, Jean de La Fontaine ? Assurément ! Il n’a d’ailleurs jamais caché son goût des femmes et de la volupté. En 1665, il publie un recueil de textes intitulé Contes et Nouvelles en vers. Légers, voire érotiques, ces récits le font connaître des milieux littéraires parisiens. Il acquiert une réputation d’excellent conteur, jouant avec la complicité de son lecteur. À noter qu’il fait un clin d’œil à sa ville natale dans Le Savetier, ou Conte d’une chose arrivée à Château-Thierry. Fort de son succès, il fait paraître un second livre en 1666, dans la même veine galante. À la fin de sa vie, il reniera pourtant ces premiers contes licencieux.

© Axone / Statue de Jean de La Fontaine, à Château-Thierry

3/ Maître des Eaux et Forêts

Comme son père avant lui, Jean de La Fontaine exerça au sein de l’administration des Eaux et Forêts. Il fut simultanément maître particulier triennal du duché de Château-Thierry et maître particulier des Eaux et Forêts. Il fut également capitaine des chasses, même si de façon plus honorifique qu’officielle. En effet, son nom ne figure sur aucun document émis par la capitainerie des chasses royales. Ses missions consistaient à inspecter les bois des alentours et à juger les petits délits. Il quitta ses fonctions en 1671, après vingt ans passés à arpenter les forêts de l’Aisne. Gageons que celles-ci, peuplées de lièvres, de corbeaux, ou de renards, n’auront pas manqué de l’inspirer…

Illustration du Lièvre et de la Tortue, fable de Jean de La Fontaine
Le Lièvre et la tortue, fable de La Fontaine illustrée par Gustave Doré / Domaine public, Wikimedia Commons

4/ Immortel fabuliste

Les Fables choisies mises en vers paraissent pour la première fois en 1668. Pour les écrire, La Fontaine s’est inspiré d’auteurs classiques, comme Ésope. Il puise aussi son inspiration dans le monde rural du XVIIe siècle, tel qu’il le connaît à Château-Thierry. Ses animaux anthropomorphes viennent illustrer une morale, souvent sur un ton amusé. Dédiées au Dauphin, les Fables vont rencontrer un immense succès et seront réimprimées plusieurs fois. Aujourd’hui encore, elles continuent de plaire à un large public, des bancs de l’école aux salles de théâtre !

Statue de Jean de La Fontaine, à Château-Thierry
© Axone / Statue de Jean de La Fontaine, à Château-Thierry

5/ Gentilhomme servant

Après l’arrestation de Nicolas Fouquet, son premier protecteur, La Fontaine doit chercher un nouveau mécène. Ce sera Marguerite de Lorraine, la duchesse douairière d’Orléans, qui réside au palais du Luxembourg. Il en devient le gentilhomme servant le 14 juillet 1664. Derrière ce titre, se cache une fonction domestique : le poète sert à table et effectue des commissions. Cela lui laisse du temps pour composer de nouveaux vers. Il se montrera d’ailleurs prolifique durant cette période ! Après la mort de la duchesse, en 1672, La Fontaine sera hébergé par Marguerite de La Sablière, une célèbre salonnière. Il lui dédiera son discours de réception à l’Académie française, en 1684.

Jean de La Fontaine est mort à Paris, le 13 avril 1695. Son héritage littéraire, immense et varié, est teinté de l’esprit du Grand Siècle. Prolongez votre rencontre avec le poète grâce au dossier thématique réalisé pour le numéro 8 d’Axone !