Jean-Marc Brunet : « J’ai ce besoin essentiel de peindre tous les jours »

Natif de Soissons, Jean-Marc Brunet expose ses toiles aux quatre coins du monde. Peinture, gravure ou dessin sont, pour lui, autant de manières d’explorer les formes de l’abstraction lyrique. Bienvenue dans l’atelier du peintre, à Chassemy.

 

Comment êtes-vous venu à la peinture ?

Je peins depuis que je suis enfant. Devenir peintre était pour moi une évidence ! J’ai eu la chance d’obtenir un Bac A3, qui comportait à l’époque une forte option artistique. Ensuite, je suis parti pour Paris. J’ai enchaîné quelques petits boulots, puis j’ai travaillé dans différents ateliers d’artistes. Là, j’étais à la fois élève, assistant, parfois ami… J’y ai découvert la peinture abstraite de l’après-guerre, avec Georges Mathieu, Pierre Soulages. Le poète Jean-Clarence Lambert, lui, parlait alors de « dépaysage ». 

 

C’est-à-dire ?

Il s’agit de paysages abstraits, lyriques. On part de la Nature pour retranscrire des paysages intérieurs. C’est tout à fait la veine dans laquelle je m’inscris. C’est un processus long, car je travaille à l’huile, par couches successives. Cette façon de faire me permet de jouer sur la profondeur, les décalages, de lier la forme et le fond. Chaque toile me prend dix-huit mois à deux ans. C’est pourquoi je peins quinze à vingt toiles en même temps ! J’avoue d’ailleurs que j’ai de plus en plus de mal à terminer une peinture. On veut tellement dire, tellement faire, qu’ensuite, il faut épurer. Mais c’est aussi ça que j’aime, travailler les choses en suspension…

 

Vous pratiquez également d’autres techniques…

Je suis un peintre qui fait de la gravure, de la céramique, des volumes, du dessin… Je rebondis d’un médium à l’autre, d’un espace à l’autre, au cours d’une même journée. Toutes ces techniques se nourrissent les unes des autres. C’est ce lien qui me fait avancer, ce rythme ente verticalité et horizontalité. 

 

Rien ne m’empêche de peindre,
ce qui compte c’est l’aventure.

 

Quels sont vos prochains projets ?

J’ai plusieurs livres d’artistes en préparation, justement. L’un est une collaboration avec Pierre Nicolas, pour les éditions Instants Fugitifs, un autre avec Alain Freixe pour les éditions En Fin de Compte. J’en ai aussi deux à venir aux éditions Akié Arichi, avec John Taylor et Jean-Clarence Lambert. Beaucoup de gravures en perspective, donc, mais j’alternerai avec la peinture. Plusieurs expositions de groupe sont aussi prévues à Lima, au Pérou, et à Mexico. Je participerai aussi à la Foire d’Art contemporain de Montpellier et celle de Paris.

 

Enfin, dernière question : quel est votre endroit préféré dans l’Aisne ?

Plus qu’un lieu, je vous donne un rendez-vous. La nouvelle édition du Festival des Correspondances des Arts aura lieu du 11 au 17 mai 2020 à Braine*. La programmation fait la part belle à la diversité des expériences artistiques : musique, poésie, expositions, etc. C’est un événement très riche, à ne pas manquer.

 

 

Propos recueillis par Gwennaëlle Massart ■

Photos : © Axone / Jean-Marc Brunet. Tous droits réservés.

* l’édition 2020 du Festival a été annulé à cause de la crise sanitaire. Rendez-vous à Braine du 25 au 30 mai 2021.

Retrouvez cet article dans Axone n°6