La Rose et la Tempête : l’exposition d’une reconstruction

Dans la nuit du 12 au 13 janvier 2017, la tempête Egon a balayé le nord de la France. À Soissons, les vents à 140 km/h ont soufflé la rose occidentale de la cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais. En cours de rénovation, cette pièce unique fait l’objet d’une exposition inédite au musée d’Art et d’Histoire de Soissons jusqu’au printemps 2021. En voici un rapide aperçu !

Panneaux de l'exposition La Rose et la Tempête à Soissons
© Axone

Au cœur de La Rose et la Tempête

Projetée à l’intérieur de la cathédrale, la rose de la façade ouest a été sévèrement endommagée. Son remplage, l’armature en pierre qui la compose, était notamment brisé à plusieurs endroits. Des études, menées par des laboratoires et les services du patrimoine et de l’urbanisme, ont conclu à l’impossibilité de la restaurer en l’état. Sa rénovation est donc passée par la reconstruction d’un remplage. Celui-ci reprend toutefois la géométrie initiale de la pièce architecturale.

En revanche, les vitraux ont pu être repris et replacés. Posés dans les années 1930, ils ont été conçus dans les ateliers Gaudin, à Paris. Ils représentent Le Christ en Gloire, entouré des prophètes et des apôtres.

Posée sur le sol de la nef de l’abbaye Saint-Léger, la rose a des airs de puzzle de pierre. Les visiteurs peuvent ainsi admirer de près la finesse de ses détails et de ses couleurs : un moment d’émotion à l’état pur !

Vue de la Rose occidentale posée à terre pour l'exposition La Rose et la Tempête
© Axone

Une Rose au passé tumultueux

Étroitement liée à l’histoire de la ville de Soissons, la rose occidentale a été posée aux alentours de 1300. La cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais, dont la construction avait débuté en 1175, était achevée depuis cinquante ans.

Le 13 octobre 1815, une poudrière explose accidentellement au bastion Saint-Rémi. Les vitres de la ville sont soufflées, et la rose est brisée. Plusieurs maîtres verriers se succéderont pour mener à bien sa rénovation. Parmi eux, Édouard Didron, qui réalisa certains des vitraux de Notre-Dame de Paris.

Un siècle plus tard, les bombardements de la Première Guerre mondiale détruisent une grande partie de la ville. La rose est réparée « à l’économie » par l’architecte Émile Brunet en 1925, le budget faisant défaut. Elle en reste déformée et fragilisée, jusqu’à la tempête de janvier 2017.

Vue partielle de la Rose occidentale posée à terre lors de l'exposition La Rose et la Tempête
© Axone

Infos pratiques

  • L’exposition « La Rose et la Tempête » se tient du 10 janvier 2020 au 10 janvier 2021
  • Elle est visible au musée d’art et d’histoire, installé au sein de l’ancienne abbaye Saint-Léger, à Soissons
  • Le catalogue de l’exposition est disponible à la vente, au prix de 5 euros
  • Des visites guidées et des ateliers sont régulièrement programmés
  • Pour plus de renseignements : 03 23 93 91 20 ou sur le site de la ville de Soissons.

Réalisée en partenariat avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles de la région Hauts-de-France, cette exposition permet de vivre au plus près un chantier de restauration exceptionnel. Êtes-vous allés la voir ?