3 choses à savoir sur Louise Macault, l’institutrice laonnoise morte pour la France

Jeune institutrice, Louise Macault fut déportée politique au camp de Ravensbrück en 1943. Pleine de courage, elle incarne la jeunesse résistante à l’heure de la Deuxième Guerre mondiale. Partez sur ses traces à travers ce portrait.

1/ Louise Macault était institutrice à Semilly

Louise Macault naît le 21 juillet 1921 à Châteaudouble, dans le Var. En 1935, sa famille quitte Metz pour emménager à Laon. Augustine Macault, sa mère, devient directrice de l’école du faubourg de Semilly. Âgée de 14 ans, la jeune fille se destine également à devenir institutrice. Elle suit d’abord les cours de l’école primaire supérieure, puis passe le concours de l’école normale.

En mai 1940, les troupes allemandes envahissent la France. Comme des milliers de personnes, Louise et sa famille s’enfuient devant la guerre qui arrive. Leur exode les mènera en Indre-et-Loire. En juin, son père est fait prisonnier et est envoyé en Allemagne. Revenue dans l’Aisne quelques mois plus tard, la jeune femme devient finalement institutrice dans la même école que sa mère.

© Joëlle Tourbe

2/ En 1944, elle a été déportée au camp de Ravensbrück

En 1943, le fiancé de Louise, Robert Aumont, doit partir à Düsseldorf dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (STO). Les deux jeunes gens s’écrivent chaque jour. À l’intérieur des enveloppes, ils ajoutent des messages secrets à l’encre sympathique. Ainsi, ils s’échangent des nouvelles stratégiques sur la guerre. Louise transmet ensuite ces informations à plusieurs réseaux de résistants.

Elle est dénoncée à la police allemande en septembre. Arrêtée, elle est transférée à la prison de Saint-Quentin, puis au fort de Romainville et au camp de Royallieu. Sa mère multiplie les lettres pour la faire libérer, en vain. Le 31 janvier 1944, Louise fait partie du « convoi des 27 000 », déporté à Ravensbrück. Les conditions de détention sont atroces. Seulement vêtue de la tenue rayée des prisonniers, Louise passe 12 h par jour à aplanir des terrains, dans le froid et l’humidité.

Le 13 avril 1944, elle est à nouveau transférée, cette fois-ci au camp de Holleischen. Là, elle travaille dans une usine d’armement. Fermement convaincue de la victoire finale des Alliés, elle garde le moral. Avec d’autres prisonnières, elle sabotera d’ailleurs la production d’armes de l’usine !

© Joëlle Tourbe

3/ Elle est membre de la Résistance Intérieure Française à titre posthume

Libérée le 5 mai 1944, Louise revient en France dès la fin du mois, très affaiblie par les privations. En revanche, sa détermination reste la même. Elle reprend son métier d’institutrice et épouse Robert Aumont le 21 août 1945. Malheureusement, son état de santé se dégrade encore, sans espoir de guérison. Le 28 août 1946, Louise meurt chez elle, à Semilly, des suites de ses souffrances.

Sa mère passera les neuf années suivantes à faire reconnaître ses actes de résistance, ainsi que les causes de son décès. En 1948, la jeune femme reçoit la mention « Morte pour la France ». Plus tard, en 1956, elle devient membre de la Résistance Intérieure Française à titre posthume. L’école où elle enseigna porte aujourd’hui son nom. Elle abrite également une plaque commémorative et la tenue de déportée de Louise.

© Joëlle Tourbe

Héroïne de la Seconde Guerre mondiale, Louise Macault a fait l’objet d’un livre passionnant en 2019. Retrouvez son portrait complet et une interview de l’autrice, Joëlle Tourbe, dans le numéro 3 d’Axone.

Merci à Joëlle Tourbe, autrice de Louise Macault, Le destin d’une patriote, pour les photographies.