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À la découverte de la crypte Saint-Médard

Article publié dans Axone n°13 – mars 2023
Bâtie au IXe siècle, la crypte de l’abbaye Saint Médard est un joyau méconnu de la ville de Soissons – et son plus ancien monument. Ce lieu prestigieux a pourtant accueilli les tombeaux de plusieurs rois mérovingiens. Venez explorer un site emblématique du haut Moyen Âge dans l’Aisne !

Soissons, capitale du royaume des Francs

Au ve siècle, Soissons s’appelle Noviodunum et est le centre du dernier domaine gallo-romain au nord de la Loire. La cité occupe un emplacement militaire et commercial stratégique : en effet, elle est au carrefour entre Reims, Amiens, Rouen et Paris. En 486, Clovis, roi des Francs, y remporte une bataille décisive contre Syagrius, général de l’Empire romain. La ville devient alors sa capitale.

Clovis meurt en 511 et son royaume est partagé entre ses fils. Clotaire Ier obtient le territoire allant de la Belgique à la Somme, incluant Soissons. Le nouveau souverain décide d’y fonder une abbaye en 557 dédiée à Médard, évêque de Noyon, dont il est proche. Après la mort de ce dernier, vers 560, la renommée du site s’étend et attire de nombreux pèlerins.

En 751, c’est ici que débute la dynastie carolingienne, avec le couronnement de Pépin le Bref, père du futur Charlemagne. Plus tard, en 826, les reliques de Saint Sébastien sont placées dans la crypte, amenant de nouveaux pèlerinages. Durant cinq siècles, l’abbaye Saint Médard va ainsi rayonner jusqu’à devenir l’un des hauts lieux religieux du pays. Elle rivalise même avec la basilique Saint-Denis et l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, toutes deux sous protection royale !

Au cœur de la crypte Saint-Médard

Une crypte est un espace sacré, souterrain ou non, aménagé sous un édifice pour y conserver des corps et des reliques. Des autels, des statues et des images peuvent aussi y être installés, comme autant de supports de prière pour les croyants.

Celle de l’abbaye Saint Médard date du IXe siècle et relève de l’architecture pré-romane. Elle est située sous le chœur de l’église et se compose de trois caveaux et d’une dizaine de chapelles, reliées par un couloir transversal. Certaines parois dissimulent des niches semi-circulaires, probablement creusées ultérieurement. Des traces de polychromie sont encore visibles, preuve que les murs étaient autrefois décorés de peintures.

En plus du tombeau de Saint Médard, la crypte abritait ceux du roi Clotaire Ier et de l’un de ses fils et successeurs, Sigebert. Des statues de ces derniers se trouvaient dans la chapelle axiale, au sein de niches trilobées, c’est-à-dire en trois lobes. Il n’en subsiste aujourd’hui que la tête de Clotaire, visible au musée municipal de Soissons.

Le renouveau d’un site médiéval majeur

Depuis 2016 et la création d’une association, l’abbaye Saint Médard est au cœur d’un nouveau programme scientifique. La crypte a ainsi fait l’objet de fouilles archéologiques visant à mieux comprendre son organisation, ainsi que d’une numérisation servant à en établir une cartographie précise.

La ville de Soissons propose également sur son site web une visite virtuelle des lieux, agrémentée de commentaires. Celle-ci donne un premier aperçu des salles, permettant d’admirer aussi bien les voûtes croisées que la présence de sarcophages et de pierres tombales.

Vous souhaitez visiter la crypte Saint-Médard ? L’association Abbaye Royale Saint Médard et le Service de l’Architecture et du Patrimoine de la ville de Soissons organisent des visites guidées du site.

Couverture du magazine Axone n°13
Retrouvez cet article dans Axone n°13 – mars 2023
Photo de l’article : ©Axone

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