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Paul Claudel, entre foi et littérature

Article publié dans Axone n°13 – mars 2023
Profondément croyant, l’écrivain et diplomate Paul Claudel a signé une œuvre abondante, touchant aussi bien au théâtre et à la poésie qu’aux essais. Partez à la rencontre de cette figure essentielle de la littérature française, originaire du sud de l’Aisne.

Illuminé par la foi

Paul Louis Charles Claudel naît le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère, près de Château-Thierry. Il y grandit aux côtés de ses parents et de ses deux sœurs aînées, Camille et Louise. En 1879, la famille déménage à Wassy, en Haute-Marne, puis, en 1882, à Paris.

Le jeune homme obtient son baccalauréat de philosophie en 1885, puis une licence de droit en 1888. Entre-temps, le 25 décembre 1886, il assiste en simple curieux aux vêpres de Noël célébrées à Notre-Dame de Paris. Sa vie en est bouleversée : « En un instant, mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion […] que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. » (1).

Cet épisode mystique a sur lui une répercussion déterminante et il envisage d’entrer dans les ordres. Finalement, il passe le concours d’entrée dans le corps diplomatique en 1890. En même temps, il publie Tête d’or, une pièce influencée par la religion et le Symbolisme.

D’un pays à l’autre

En 1893, Paul Claudel est nommé vice-consul à New-York, puis à Boston. Il est ensuite envoyé en Chine, à Shanghai, en 1895. Il y découvre « un pays ancien, vertigineux, inextricable »(2). Paul Claudel poursuit sa carrière en 1900 à Fuzhou, puis en 1906 à Tianjin. Désormais marié à Reine Sainte-Marie-Perrin, il quitte l’Asie en 1909 et rejoint Prague, puis Francfort (1911) et Hambourg (1913), en tant que consul.

Sa carrière diplomatique ne lui fait pas oublier l’écriture. En 1911, il rejoint la Nouvelle Revue française aux côtés d’André Gide, ou de Gaston Gallimard. Il rédige également de nouvelles pièces de théâtres, comme Partage de midi (1906) et L’Otage (1911), ainsi que de la poésie (La Cantate à trois voix, 1911) et des essais.

En décembre 1912, il crée la première version de L’Annonce faite à Marie, qui obtient le prix Narcisse-Michaut de l’Académie française. En mars de la même année, son père meurt à Villeneuve-sur-Fère. Une semaine plus tard, le 10 mars, sa mère et lui font interner de force sa sœur, la sculptrice Camille Claudel.

Le sacre de l’écrivain

Paul Claudel poursuit ses missions diplomatiques à travers le monde : Rio de Janeiro (1916), Copenhague (1920), Tokyo (1922) et enfin Bruxelles (1933). Il met fin à sa carrière en 1936, à l’âge de 68 ans, et se retire dans son château de Brangues, en Isère, pour se consacrer à la littérature.

Plusieurs de ses pièces de théâtre sont désormais reconnues. Néanmoins, certaines sont difficiles à mettre en scène, tel son célèbre Soulier de satin (1929), dont la représentation dure près de 11 heures ! Jeanne au bûcher, L’Épée et le miroir : Claudel continue de puiser son inspiration dans la Bible et son œuvre exprime un lyrisme puissant.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il est partagé entre les horreurs de l’Allemagne nazie et sa confiance initiale envers le maréchal Pétain. Toutefois, il finit par comprendre la véritable nature du régime de Vichy et condamne les persécutions antisémites.

En 1943, la Comédie Française joue Le Soulier de satin. C’est un triomphe et, le 4 avril 1946, Paul Claudel est élu à l’Académie française. Considéré comme l’un des plus grands poètes chrétiens, il s’éteint à l’âge de 88 ans, le 23 février 1955, à Paris.

 

(1) « Ma conversion », Œuvres en prose.

(2) Lettre à Stéphane Mallarmé, 24 décembre 1895, in Cahiers Paul Claudel 1.

Couverture du magazine Axone n°13
Retrouvez cet article dans Axone n°13 – mars 2023
Photo de l’article : ©Wikimedia Commons

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